Pouvoir (verbe, nom masculin)
1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
("Je puis" ou "je peux, tu peux, il peut; nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent. Je pouvais. Je pus, tu pus, il put; nous pûmes, vous pûtes, ils purent. J'ai pu. Je pourrai. Je pourrais. Que je puisse. Que je pusse. Que j'eusse pu. Pouvant.") Avoir la faculté, être en état de. "Pouvoir marcher. Je pourrais sortir. Je ne puis vous répondre. Je ne peux pas dormir. Il n'a pu réussir dans cette affaire". Quand le pronom "je" doit suivre le verbe, on préfère "puis" à "peux. Puis-je vous être utile?"
"Sauve qui peut", Se sauve qui pourra, se tire du péril qui pourra. "Le cri de sauve qui peut se fit entendre."
Prov., "Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait!" Si la jeunesse avait de l'expérience et que la vieillesse eût de la force!
POUVOIR s'emploie au subjonctif présent par une manière de voeu, de souhait. "Puisse le ciel vous donner de longs jours! Puissiez-vous réussir dans vos projets! Puissent vos projets réussir! Puisse-t-il arriver bientôt!"
POUVOIR se dit encore pour marquer la possibilité de quelque événement, de quelque dessein. "Un accident pourrait arriver. Cela se peut faire. Cela pourrait bien être. Cela se peut. Cela ne se peut pas. Il pourrait bien en mourir".
Il s'emploie impersonnellement soit seul, soit avec le pronom Se, dans cette acception. "Il se peut que votre projet réussisse. Il pourra venir un temps meilleur. Il pourra, il pourrait arriver que... Il se pourrait que..."
"Peut-être". Voyez cette expression à son rang alphabétique.
POUVOIR s'emploie aussi transitivement et signifie Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, la faculté, etc., de faire. Vous pouvez tout sur lui, sur son esprit. Si je puis quelque chose pour votre service, je m'y emploierai avec joie. C'est un homme qui peut beaucoup dans l'affaire dont il s'agit. Je ne puis rien en cela. Il peut tout ce qu'il veut. Je ne puis pas y aller.
On ne peut plus, on ne peut mieux, Il n'est pas possible de faire ou d'être plus, de faire ou d'être mieux. "Il est on ne peut plus aimable. Il s'y conduisit on ne peut mieux."
"N'en
"N'en
2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom masculin |
Faculté de faire. En ce sens il ne se dit qu'au singulier. "Je n'ai ni le
"Avoir une chose en son
POUVOIR signifie spécialement, en termes de Physique, Propriété. "Pouvoir absorbant. Pouvoir émissif."
Il se dit encore spécialement, en termes de Jurisprudence, de la Capacité de faire une chose. "Un fou, un mineur n'ont pas
POUVOIR signifie encore Droit, faculté d'agir pour un autre, en vertu de l'ordre, du mandat qu'on en a reçu, soit verbalement, soit par écrit. "J'ai
"Être fondé de
POUVOIR désigne spécialement, en termes de Jurisprudence, l'Acte par lequel on donne
"Bon pour
POUVOIR signifie encore Puissance, autorité, droit de commander. "Pouvoir absolu, arbitraire, tyrannique, illimité. Pouvoir sans bornes. Abuser de son
"Être en
POUVOIR se dit quelquefois des Personnes mêmes qui sont investies du
Il signifie aussi Crédit, empire, ascendant. En ce sens il ne se dit qu'au singulier. "Il a beaucoup de
POUVOIRS, au pluriel, et en termes de Discipline ecclésiastique, désigne le Pouvoir de confesser donné à un prêtre par son évêque. "Ce prêtre a des
1ère définition d'Emile Littré
1 Avoir la faculté de, être en état de.
CORN.: « Chimène : Va, je ne te hais point. - Rodrigue : Tu le dois. - Chimène : Je ne puis »
MOL.: « Et quand je vous demande après quel est cet homme [à qui vous venez de faire tant d'amitiés], à peine pouvez-vous dire comme il se nomme »
MOL.: « Il faut bien.... Répondre comme on peut à ses empressements »
MOL.: « Je me vois dans l'estime autant qu'on y peut être, Fort aimé du beau sexe, et bien auprès du maître ; Je crois qu'avec cela, mon cher marquis, je croi Qu'on peut par tout pays être content de soi »
BOILEAU: « Sans songer où je vais, je me sauve où je puis »
RAC.: « Par quel gage éclatant et digne d'un grand roi Puis-je récompenser le mérite et la foi ? »
RAC.: « Dans leur sang odieux [des Romains] j'ai pu tremper mes mains »
LA BRUY.: « L'on peut s'enrichir dans quelque art, ou dans quelque commerce que ce soit, par l'ostentation d'une certaine probité »
VOLT.: « Gouverne qui peut ; et, quand on est parvenu à être le maître, on gouverne comme on peut »
Elliptiquement, après un verbe à l'impératif : qui peut, celui qui peut. Sauve qui peut ! se tire du péril qui pourra !
On dit par une construction analogue : le fera qui pourra, c'est-à-dire celui qui pourra le faire le fera.
GRESSET: « Je ne m'ennuierai point pour ma chère moitié ; Aimera qui pourra »
On ne peut être.... on ne peut faire.... il est impossible d'être.... de faire....
VOLT.: « On ne pouvait pas avoir été plus mal pendu que je l'avais été »
Au tric-trac, jan qui ne peut (voy. JAN 1).
Je ne puis qu'y faire, je n'ai aucun moyen d'empêcher la chose dont il s'agit.
MOL.: « Je vois bien que j'ai tort, mais je n'y puis que faire »
2 Ne
BALZ.: « Je ne puis, monseigneur, qu'au milieu de mes maux je ne m'estime fort heureux »
CORN.: « Je ne puis, cher ami, qu'avec toi je ne rie Des subtiles raisons de sa poltronnerie »
MOL.: « Vous ne pouvez pas que vous n'ayez raison »
SÉV.: « Je ne puis, ma bonne, que je ne sois en peine de vous, quand je songe.... »
BOSSUET: « Je ne puis que je n'admire cette modestie »
BOILEAU: « Je ne puis cette fois que je ne les excuse »
Ne
CORN.: « Ce reproche vraiment ne peut qu'il ne m'étonne »
Auteurs déguisés, p. 63: La nouvelle ne put qu'elle ne causât quelque mouvement dans la faculté de théologie
3 En parlant des choses, être capable de.
FLÉCH.: « Si la réputation et la vertu pouvaient dispenser de la loi commune, l'illustre Julie vivrait encore »
FLÉCH.: « Plus le prince [fils de Louis XIV] qu'il gouvernait avait de bonté et de docilité naturelle, plus il éloignait tout ce qui pouvait le corrompre »
RAC.: « L'honneur seul peut flatter un esprit généreux »
L. RAC.: « Rien ne peut prospérer sur des terres ingrates »
STAAL: « Le vrai est comme il peut, et n'a de mérite que d'être ce qu'il est »
C. DELAV.: « Tu sais qu'un mot de moi peut donner le trépas »
4 Avoir la permission, la liberté de.
CORN.: « Puis-je me plaindre a vous d'un retour inégal.... »
RAC.: « Cependant aujourd'hui puis-je vous demander Quels amis vous avez prêts à vous seconder ? »
5 Souvent il exprime le doute, la possibilité.
Avec un nom de personne pour sujet.
CORN.: « Non, non, ce cher objet à qui j'ai pu déplaire »
FLÉCH.: « On pouvait le prévenir, mais on ne pouvait le corrompre »
RAC.: « Pourriez-vous n'être plus ce superbe Hippolyte, Implacable ennemi des amoureuses lois.... »
RAC.: « Oenone, il peut quitter cet orgueil qui te blesse »
VOLT.: « Il rit de cette perfidie [enlever une maîtresse à un autre], Et j'aurais pu m'en courroucer ; Mais je sais qu'il faut se passer Des bagatelles dans la vie »
STAËL: « Pouvant mourir dans peu d'instants, il ne disait pas un mot qui fût religieux ni sensible »
Avec un nom de chose pour sujet.
CORN.: « Quelque juste pourtant que puisse être sa peine »
MOL.: « Sganarelle : J'ai une grande inclination pour la fille. - Marphurius : Cela peut être »
DIDER.: « Le traité de Versailles qui durera ce qu'il pourra »
Il se dit aussi impersonnellement en ce sens. Il pourra venir un temps meilleur.
MOL.: « Il en sera ce qu'il pourra »
BOSSUET: « Tout allait comme il pouvait »
D'HOLBACH: « Il ne peut y avoir de moeurs, il ne peut point y avoir de bonne éducation, partout où c'est l'argent et non le talent qui conduit aux grandes places »
Il peut être midi, c'est-à-dire il est probable qu'il est midi.
BERN. DE ST-P.: « Il pouvait être dix heures : je venais d'éteindre ma lampe et de me coucher »
6 Se résoudre à.
CORN.: « Et je puis dans son sein enfoncer un poignard ! »
RAC.: « Et qui peut immoler sa haine à sa patrie, Lui pourrait bien aussi sacrifier sa vie »
RAC.: « Lui qui me fut si cher, et qui m'a pu trahir ! »
VOLT.: « Tyrans que j'ai vaincus, je pourrais vous servir ! Peuples que j'ai sauvés, je pourrais vous trahir ! »
7 Cette salle est grande, il y peut cent personnes, il y a place pour cent personnes.
VAUGEL.: « On se sert de ce verbe d'une façon bien étrange, qui néanmoins est si ordinaire à la cour, qu'il est certain qu'elle est très française ; on dit en parlant d'une table ou d'un carrosse : il y peut huit personnes, pour dire il y a place pour huit personnes, ou il y peut tenir huit personnes »
8 Au subjonctif, il sert à exprimer un voeu, un souhait ; alors il se met en tête de la phrase, avec son sujet après lui.
CORN.: « Puissent tous ses voisins [de Rome] ensemble conjurés Saper ses fondements encor mal assurés.... Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre.... »
RAC.: « Vos yeux me reverront dans Oreste mon frère ; Puisse-t-il être, hélas ! moins funeste à sa mère ! »
RAC.: « Puisse périr comme eux quiconque leur ressemble ! »
Avec un nom exprimé avant le verbe, il faut ajouter après le verbe un pronom.
RAC.: « Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire ! »
9 Le se peut se placer devant
LA FONT.: « Mais ce champ ne se peut tellement moissonner, Que les derniers venus n'y trouvent à glaner »
FLÉCH.: « Partout où se pouvait étendre son
Dans ce cas,
DESCH.: « Je ne voulus point commencer à rejeter tout à fait aucune des opinions qui s'étaient pu glisser autrefois en ma créance sans y avoir été introduites par la raison »
D'ABLANCOURT: « Je m'imagine que tu ne t'es pu empêcher de rire »
PASC.: « Un embarras qui a continué et qui ne s'est pu débrouiller »
10 V. a. Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, etc.
BALZ.: « Sachant ce que vous pouvez.... je ne me mets plus en peine de mon intérêt »
BOSSUET: « Sous lui [Louis XIV], la France a appris à se connaître.. . si les Français peuvent tout, c'est que leur rot est partout leur capitaine »
RAC.: « J'ai vengé l'univers autant que je l'ai pu »
RAC.: « Vous pouvez sur Pyrrhus ce que j'ai pu sur lui [Hector] »
RAC.: « Que peuvent contre lui [Dieu] tous les rois de la terre ? »
FÉN.: « Je lui demandai en quoi consistait l'autorité du roi, et il me répondit : il peut tout sur les peuples ; mais les lois peuvent tout sur lui »
FONTEN.: « Peut-être ne ferait-on pas tout ce qu'on peut, sans l'espérance de faire plus qu'on ne pourra »
BARON: « Lorsqu'on ne peut, monsieur, faire ce que l'on veut, Il faudrait essayer à vouloir ce qu'on peut »
BUFF.: « L'homme ne peut rien sur le produit de la création ; il ne peut rien sur les mouvements des corps célestes, sur les révolutions de ce globe qu'il habite ; il ne peut rien sur les animaux, les végétaux, les minéraux en général ; il ne peut que sur les individus »
BARTHÉL.: « Ils raisonnent comme s'ils ne pouvaient rien ; ils agissent comme s'ils pouvaient tout »
Absolument.
CORN.: « Lui seul pouvait pour soi, cédez alors qu'il tombe »
BARTHÉL.: « Adieu, madame, adieu, je n'ai pu davantage »
11 Il se dit, en un sens analogue, des choses qui exercent une action.
CORN.: « Ce que n'a pu jamais combat, siége, embuscade, Ce que n'a pu jamais Aragon, ni Grenade »
CORN.: « Essayez sur Cinna ce que peut la clémence »
PASC.: « La violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre »
BOSSUET: « La fortune ne pouvait rien sur elle : ni les maux qu'elle a prévus, ni ceux qui l'ont surprise, n'ont abattu son courage »
RAC.: « Mais que peuvent pour lui vos inutiles soins ? »
ROLLIN: « On ne saurait comprendre ce que peut sur les esprits une parole, un air de bonté, un regard du général, dans un jour d'action »
12 On ne peut rien de plus habile, de plus plaisant, etc.
SÉV.: « que..., c'est-à-dire on ne peut faire, on ne peut dire rien de plus.... On ne peut rien de plus plaisant que ce que vous dites »
SÉV.: « On ne peut rien de plus joli que toutes vos imaginations »
VOLT.: « On ne peut certainement rien de plus fort que ce que dit Votre Altesse Royale pour prouver la nécessité absolue »
BERN. DE ST-P.: « On ne peut rien de plus précis, pour prouver l'innocence naturelle de l'homme »
13 Les mots beaucoup, peu, plus moins, construits avec
BALZ.: « Pouvant beaucoup sur l'esprit du roi comme vous pouvez »
DESC.: « Commençant dès lors à ne compter pour rien les miennes propres [opinions], à cause que je les voulais remettre toutes à l'examen, j'étais assuré de ne
CORN.: « Mais sur le grand César je puis fort peu de chose »
VOLT.: « Et l'État qu'il soutient ne pouvait moins pour lui »
On ne peut plus, on ne peut mieux, c'est-à-dire il n'est pas possible de faire plus, de faire mieux.
MARIV.: « Vous voilà on ne peut pas mieux, ajouta-t-elle en me prenant par la main pour me faire asseoir »
CONDIL.: « Les métaphysiciens plagiaires sont on ne peut pas plus communs »
14 N'en
SACI: « Donnez, je vous prie, du pain à ceux qui sont avec moi, parce qu'ils n'en peuvent plus »
LA FONT.: « Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, Il met bas son fagot »
SÉV.: « J'ai le coeur serré à n'en
BOSSUET: « L'empire d'Occident n'en pouvait plus »
HAMILT.: « Ce pauvre garçon n'en pouvait plus d'amour pour elle »
VOLT.: « L'horreur pour le fanatisme s'introduit dans tous les esprits éclairés... je ne suis plus bon à rien ; je suis comme ce Danois qui, étant las de tuer à la bataille d'Hochstett, disait à un Anglais : brave Anglais, va-t'en tuer le reste, car je n'en puis plus »
VOLT.: « Candide, n'en pouvant plus [il passait par les verges], demanda en grâce qu'on voulût bien avoir la bonté de lui casser la tête »
VOLT.: « Vous n'en pouvez plus, lui dit-il [Charles XII], mon cher Reichel ; j'ai dormi une heure, je suis frais.... »
N'en pouvant plus que.... avec le verbe au subjonctif, impatient de....
LA FONT.: « À peine tenait-elle à terre, n'en pouvant plus qu'elle ne fût seule pour donner un libre cours à sa joie »
Il n'en peut mais, ce n'est pas sa faute (dans cette locution, mais représente le latin magis).
LA FONT.: « Le malheureux lion se déchire lui-même, .... Bat l'air qui n'en peut mais »
MOL.: « Sur la tentation ai-je quelque crédit, Et puis-je mais, chétif, si le coeur leur en dit ? »
MOL.: « Faut-il de vos chagrins sans cesse à moi vous prendre, Et puis-je mais des soins qu'on ne va pas vous rendre ? »
Tel en pâtit qui n'en peut mais, c'est-à-dire on porte la peine de ce dont on n'est point cause.
15 Se
VOIT.: « Avez-vous donc espéré de faire l'impossible, que vous n'êtes pas satisfait d'avoir fait tout ce qui s'est pu ? »
MOL.: « Je ne sais pas si cela se peut ; mais je sais bien que cela est »
Impersonnellement.
MOL.: « Le pauvre : [Mon occupation est] de prier le ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque chose. - D. Juan : Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise ? »
MOL.: « Il ne se peut rien de plus beau »
DANGEAU: « On ne saurait assez louer tout ce qu'a dit et fait Monsieur le Prince [Condé] jusqu'au dernier moment, et sa mort est, s'il se peut, plus belle que sa vie »
QUIN.: « Se peut-il que Renaud tienne Armide asservie ? »
LA BRUY.: « Il peut haïr les hommes en général, où il y a si peu de vertu ; mais il excuse les particuliers.... et il s'étudie à mériter le moins qu'il se peut une pareille indulgence »
FONT.: « Il se peut que la vue de toutes ces étoiles favorise la rêverie »
Tout ce qui se peut, autant qu'il est possible.
BAYLE: « Les sociniens étaient ignorants, tout ce qui se peut, dans la connaissance des Pères »
16 L'infinitif pris substantivement.
BOSSUET: « Une action que nous faisons ... doit encore venir immédiatement de Dieu, qui étant, comme premier être, cause immédiate de tout être, comme premier agissant doit être cause de toute action ; tellement qu'il fait en nous l'agir même, comme il y fait le
PROVERBES
REMARQUE
On dit : je ne puis et je ne puis pas. Dans le premier exemple la négative est moins forte. Je ne puis suppose des embarras, des difficultés, des inconvénients. Je ne puis pas, exprime une impossibilité absolue.
HISTORIQUE
IXème siècle
Serment: In quant Deus savir et podir me dunat [me donne de savoir et de
ib.: Si io returnar non l'int pois [si je ne puis l'en détourner]
Xème siècle
Eulalie: Ne ule cose non la pouret omque pleier [fléchir]
ib. p. 469: E repausar se podist, Fragm. de Valenc. p 468. Que lo posciomes [que nous le puissions]
XIème siècle
St Alexis, XXXII: Ne poet estre altre, turnent el consirrer [à faire ce qui est dit] ; Mais la dolur ne pothent ublier
Ch. de Rol. XVIII: Respond Rolans : j'i puis aler mult bien
ib. LXXIX: Si come il pout [put], du pin est avalet
ib. CCXVIII: Souz ciel n'a [il n'y a] gent qui plus poissent en champ [de bataille]
ib. CCXX: Onze millie chevaliers [ils] poent estre
ib. CCLXXXVI: Il ne poet estre [il est impossible] qu'il seient desevrez
XIIème siècle
Couci, II: [Amour] Me fait chanter de la plus debonaire Qu'on puist au mont [monde] ne vouer ne trouver
ib. III: Diex ! car [je] le [la] peüsse tenir Un seul jour à ma volenté !
ST BERN.: « Par nule raison dewerpir [abandonner] ceu [ce] où li primier puyent [peuvent] mettre lor mains »
XIIIème siècle
VILLEH.: « C'est grant enfance kant li hons [l'homme] ne set refraindre son couraige ; qui plus peut, plus deit soufrir, Proverbes de Seneke le philos. Ceste gent ne puent plus paier »
Berte, III: Chose que on me puist [puisse] à mal blasme atourner
ib. VII: Aliste, se je puis très bien [je] marierai
ib. XIII: Ainsi [ils] l'ont devisé, Diex les puisse honnir
Ren. 1227: Li veneor les chiens atice, Et amoneste durement ; Et Ysengrin bien se deffent ; As denz les mort ; qu'en puet-il mès ?
BEAUMANOIR: « Il fu jugié que noz, de nostre of. fice..., poyons et devions tenir les parties emprisonées »
BEAUMANOIR: « Et c'est bien resons que cil qui a esté à mon conseil ou avocat en me [ma querele, ne puist puis estre contre moi de celle meisme querele »
XIVème siècle
J. DE CONDÉ: « De grises nonains à vous plaindre Nous vencns, qui passer nous vuelent, Et se painent quank'eles puelent »
XVème siècle
FROISS.: « Car bien savoit [le comte de Flandre] que il les [les Gantois] avoit si avant menés que ils n'en pouvoient plus »
FROISS.: « Si manda par des herauts au duc de Normandie son cousin, que bataille se put faire entre eux »
FROISS.: « Une bastide de gros merriens à maniere d'une recueillette, où bien pouvoient mille hommes »
FROISS.: « Et avoient fait charpenter un engin, auquel avoit trois estages, et en chascun estage pouvoient vingt arbalestriers »
FROISS.: « Et estoit l'intention [du roi de France] que [ses gens] se delivrassent de prendre Evreux, ou de l'avoir par composition au plutost que ils pouvissent »
FROISS.: « Quand ils furent tous assemblés à St-Quentin.... ils regarderent quel nombre de gens ils pouvoient estre ; si trouverent qu'ils estoient bien six mille armures de fer... »
E. DESCH.: « Riens ne se puet comparer à Paris ; C'est la cité sur toutes couronnée »
FENIN: « Et laissa de ses gens dedens pour garder que ceux du chastel ne peusissent saillir »
Bouciq. I, 16: Et pour ce que il luy sembloit que il n'en pouvoit assez faire, ne prenoit aussi comme point de repos
COMM.: « Et jamais n'en estoit peu venir à bout »
XVIème siècle
RAB.: « Transportezvous vers luy.... pourra estre que de luy aurez ce que pretendez »
RAB.: « Si eschapper te puis en bonne sorte, Rien ne m'escrips, mais toi mesmes apporte Cette faconde et eloquente bouche »
DU BELLAY: « Peusse-je au moins d'un pinceau plus agile De ces palais les portraits façonner ! »
AMYOT: « J'ay grande pitié de toy, veu que, n'estant point prisonniere, tu puis endurer un si meschant homme que Alexandre »
AMYOT: « Que desormais autant en puisse il prendre à qui voudra telle chose entreprendre »
RONS.: « ....Se pourroit-il bien faire Qu'elle pensast, parlast, ou se souvinst de moy ? »
MARGUER.: « Je ne me suis peu garder d'envoyer ce porteur pour sçavoir de vos nouvelles »
MONT.: « Ce desplaisir se peult signifier par larmes, les autres surpassant tout moyen de se
MONT.: « Il se pouvoit vanter d'estre.... »
MONT.: « Ce sexe n'y est encores pu arriver »
MONT.: « Sa façon externe pouvoit n'estre pas [n'était peut-être pas] civilisée à la courtisane »
MONT.: « Autant d'hommes qu'il en pourroit en une telle espace »
MONT.: « Si aggravé de.... que nature n'en pouvoit plus »
COTGRAVE: « Contre fortune nul ne peut »
COTGRAVE: « Qui mieux ne peut à sa vieille retourne »
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. pôvoi ; wallon, poleur ; provenç. et espagn. poder ; ital. potere ; d'une forme latine potere (1er e long), au lieu de posse, justifiée par le bas-latin poteret pour posset, potemus pour possumus, potebat pour poterat, etc. (voy. DIEZ, à potere). La forme wallone poleur se rapporte à puelent pour peuvent, qui s'est dit dans le Hainaut (voy. l'historique). La forme ancienne est pooir, le v est moderne et de prononciation.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. POUVOIR. - REM. Ajoutez :
2. Dans le XVIème siècle et au commencement du XVIIe, on écrivait peu ce que nous écrivons pu. Régnier l'a fait rimer avec feu : Es cendres d'Alexis amour nourrit le feu Que jamais par mes pleurs éteindre je n'ai peu, Dial. Était-ce une rime pour les yeux, ou prononçait-on en effet peu ?
3. La tournure : il s'est pu faire, vieillit ; et au n° 10 je n'en cite d'exemples que pris chez des écrivains du XVIIe siècle. En voici un du XVIIIe :
VOLT.: « Quiconque s'est pu livrer aux superstitions Elle n'est donc pas tombée en désuétude ; et on peut s'en servir. »
4. Par un gallicisme singulier, mais reçu, on dit : il peut tant de personnes à cette table ; il peut tant de linge en cette armoire. Mais c'est une faute de dire : tant de personnes peuvent à cette table, tant de linge peut en cette armoire. Cette faute ou, si l'on veut, ce provincialisme se rencontre souvent dans la bouche des Normands.
5. Voltaire a dit :
VOLT.: « Peut-être, en vous parlant ainsi, C'est vous donner trop de louanges ; Mais il se pourrait bien aussi Que je fais trop d'honneur aux anges Que je fais ou que je fasse ? cela dépend de l'intention de celui qui parle. L'indicatif est plus affirmatif que ne serait le subjonctif. »
2ème définition d'Emile Littré
| Subst. masculin |
1 Faculté par laquelle on peut ; ce que l'on peut.
CORN.: « Et vous l'allez servir de tout votre
PASC.: « Autant qu'il est en notre
Faire son
CORN.: « J'ai fait mon
MOL.: « Faites votre
Faire son
CORN.: « J'obéis avec joie, et ferai mon
En
RÉGNIER: « Nos biens, comme nos maux, sont en notre
VOLT.: « Je viens me mettre en ton
Au
SÉV.: « Nous sommes tous si généreux et si bons amis, qu'il ne me paraît pas au
SÉV.: « Ce chevalier de Tac, après avoir tué M. de Schomberg.... pour le prince d'Orange, il n'a pas été à mon
J. J. ROUSS.: « L'honneur d'un homme comme vous n'est point au
En
MOL.: « Il n'est plus en
LA BRUY.: « Elle [la véritable grandeur] s'abandonne quelquefois, se néglige, se relâche de ses avantages, toujours en
Avoir une personne ou une chose en son
On dit de même : être, tomber au
VOLT.: « En y comprenant les domestiques du roi [Charles XII] et d'autres personnes suivant l'armée, il y en eut 18746 [Suédois] au
Avoir une chose en son
Une femme en
2 Il se dit aussi des choses.
Dict. de l'Acad.: Le feu a le
3 Droit d'agir pour un autre. J'ai
Être fondé de
On dit aussi substantivement : un fondé de
4 Acte par lequel on donne
PELLISSON: « Grotius repartit pour aller à La Haye et à Amsterdam se faire donner, comme l'on dit, des pleins
MAINTENON: « On peut vous donner un plein
Il a reçu des pleins
5 Autorité, empire. Le
VOIT.: « Lorsqu'ils apprendront que, du temps de son ministère [de Richelieu], les Anglais ont été battus et chassés, Pignerol conquis, Casal secouru, toute la Lorraine jointe à cette couronne, la plus grande partie de l'Alsace mise sous notre
CORN.: « Mais le coeur d'Émilie est hors de son
SACI: « Ne donnez point
MOL.: « Un emploi ne saurait être que glorieux, Quand il vient du
PASC.: « L'homme n'a pas même
BOSSUET: « Il faut que nous exercions sur le cerveau un
BOSSUET: « Tant qu'elle a été heureuse, elle a fait sentir son
RAC.: « Quand Dieu par plus d'effets montra-t-il son
VOLT.: « Louis le Débonnaire avait été le premier exemple du
En
STAËL: « Ne pas traiter séparément avec les hommes en
CHATEAUB.: « Le caractère des personnages en
6 Particulièrement. L'autorité qui gouverne l'État. Affermir le
MALH.: « Et, de la majesté des lois Appuyant les
CORN.: « Le
RAC.: « De l'absolu
MONTESQ.: « C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du
MONTESQ.: « Pour qu'on ne puisse abuser du
Pouvoir temporel, autorité civile. Pouvoir spirituel, autorité ecclésiastique. La distinction des deux
Les trois
MONTESQ.: « Il y a dans chaque État trois sortes de
MONTESQ.: « Les anciens, qui ne connaissaient pas la distinction des trois
Les trois
7 Les personnes mêmes qui exercent le
M. J. CHÉN.: « On peut, sans s'abaisser, respecter le
Homme du
8 Crédit, ascendant.
CORN.: « Voilà notre
CORN.: « Mais ai-je sur son âme encor quelque
PASC.: « Nous n'avons pas autant de
BOILEAU: « Cependant, à l'entendre, il [un poëte] chérit la critique ; Vous avez sur ses vers un
Il se dit aussi des choses.
CORN.: « Et sur lui la raison a repris son
BOILEAU: « Enfin Malherbe.... D'un mot mis en sa place enseigna le
FONTEN.: « Il est vrai que les comédies de ce temps-là faisaient partie du gouvernement, et avaient un grand
L'empire exercé par ce qui charme en amour.
RAC.: « Il a trop bien senti le
RAC.: « Mais dis-moi de quel oeil Hermione peut voir Son hymen différé, ses charmes sans
9 Terme de jurisprudence. Capacité de faire une chose. Un mineur n'a pas
10 Au plur. Terme de droit canonique. Faculté d'exercer licitement et validement certaines fonctions du ministère ecclésiastique, comme de célébrer, prêcher, confesser, etc. Ce prêtre a des
11 Au plur. Titres d'éligibilité et pièces à l'appui de l'élection d'un député. La chambre procède à la vérification des
12 Terme de physique. Pouvoir émissif, rayonnant, réfléchissant, absorbant, faculté qu'a un corps d'émettre, de rayonner, de réfléchir, d'absorber la chaleur ou la lumière.
Pouvoir réfringent, faculté qu'ont les cristaux et les fluides de réfracter la lumière.
SYNONYME
POUVOIR, PUISSANCE. Pouvoir est l'infinitif du verbe ; puissance est le participe présent avec la finale ance ; de la sorte,
HISTORIQUE
XIIème siècle
Couci, III: Che que je l'ai [amour] à mon pooir Servie sans desloiauté
ID.: « Par tantes foiz [j'] ai esté assailliz, Que je n'ai mais pouoir de moi defendre »
ID.: « Ains [j'] ai mis en li [elle] servir Cuer et cors, force et pooir »
Sax. XXXII: Ainz se porpensera li rois aucune fie [fois], Qu'il de vous ait la force, le pooir et l'aïe [aide]
XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Donques savons nos que li pooirs est devant le faire »
VILLEH.: « Et ce dient li message, avons-nos plain pooir d'asseürer, se vos volés »
VILLEH.: « Li empereres Marchufles estoit venu herbergier, devant l'assaut, en une place à tout son pooir [avec son armée] »
Berte, LXV: Se Diex lui donnoit vie, qui sur tout a pooir...
JOINV.: « Par le pouer que il donnerent aus trois preudes homes mestres du mestier, Liv. des mét, 365. Les grans nefz n'avoient pooir de venir jusques à terre »
JOINV.: « Quant le roi vint à Biaukaire et je le vi en sa terre et en son pooir, je pris congé de li »
XVème siècle
FROISS.: « Monseigneur, respondit Yvain [au duc d'Anjou], à [selon] mon loyal
FROISS.: « Ils dirent que ils en feroient leur
FROISS.: « Et dit au roi de France [le héraut] comment le roi anglois estoit arresté sur les champs, et lui requeroit à avoir bataille,
Perceforest, t. v, f° 33: Elle en fit confession sans repentance, en remonstrant qu'elle l'avoit dit à non povoir [malgré elle]
ib. t. IV, f° 71: Contre povoir n'a commandement [on ne peut demander à un homme plus qu'il ne peut]
DU CANGE: « Le suppliant vint demourer ou povoir [district, territoire] de Demencourt, es faubours d'Arras »
XVIème siècle
LEROUX DE LINCY: « Il a peu de
ÉTYMOLOGIE
Pouvoir 1.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
("Je puis" ou "je peux, tu peux, il peut; nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent. Je pouvais. Je pus, tu pus, il put; nous pûmes, vous pûtes, ils purent. J'ai pu. Je pourrai. Je pourrais. Que je puisse. Que je pusse. Que j'eusse pu. Pouvant.") Avoir la faculté, être en état de. "Pouvoir marcher. Je pourrais sortir. Je puis dépenser. Je ne puis vous répondre. Je ne peux pas dormir. Il n'a pu réussir dans cette affaire." Quand le pronom "je" doit suivre le verbe, on préfère "puis" à "peux:" on dit mieux, "Puis-je vous être utile?" que "Peux-je vous être utile?"
"Sauve qui peut," Se sauve qui pourra, se tire du péril qui pourra. "Le cri de sauve qui peut se fit entendre."
Au Trictrac, "Jan qui ne peut," se dit Lorsqu'on bat une dame ou le coin à faux. Cela se dit aussi Lorsqu'une dame ne peut pas être jouée.
"N'en
Fam., "Ne
Prov., "Tel en pâtit qui n'en peut mais," se dit en parlant D'une personne qui porte la peine d'une faute à laquelle elle n'a point de part.
Prov., "Si jeunesse savait et vieillesse pouvait!" Si la jeunesse avait de l'expérience, et que la vieillesse eût de la force!
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie au subjonctif par une manière de voeu, de souhait. "Puisse le ciel vous donner de longs jours! Puissiez-vous réussir dans vos projets! Puissent vos projets réussir! Puisse-t-il arriver bientôt!"
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit souvent pour marquer la possibilité de quelque événement, de quelque dessein. "Cela pourra arriver. Cela se peut faire. Cela pourrait bien être. Cela se peut. Cela ne se peut pas. Il pourrait bien en mourir."
Il s'emploie impersonnellement, dans cette signification. "Il se peut que votre projet réussisse. Il pourra venir un temps meilleur. Il pourra, il pourrait arriver que... Il se pourra faire que... Il se pourrait que... Il peut se faire qu'il ne vienne pas."
"Peut-être." Voyez cette expression à son rang alphabétique.
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie aussi activement, et signifie, Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, la faculté, etc., de faire. "Vous pouvez tout sur lui, sur son esprit. Si je puis quelque chose pour votre service, je m'y emploierai avec joie. C'est un homme qui peut beaucoup dans l'affaire dont il s'agit. Je ne puis rien en cela. Il peut beaucoup auprès de vos chefs. Il peut tout ce qu'il veut. Je ne crois pas le
Fam., "Je ne puis qu'y faire," Je n'ai aucun moyen d'empêcher la chose dont il s'agit.
5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
Faculté de faire. En ce sens, il ne se dit qu'au singulier. "Je n'ai ni le
"Avoir une personne" ou "une chose en son
"Avoir une chose en son
6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie encore, Droit, faculté d'agir pour un autre, en vertu de l'ordre, du mandement qu'on en a reçu, soit de bouche, soit par écrit. "J'ai
"Être fondé de
7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie en outre, L'acte par lequel on donne
8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie, dans une acception particulière, Puissance, autorité, droit de commander. "Pouvoir absolu, arbitraire, tyrannique, illimité. Pouvoir sans bornes. Abuser de son
Il se dit quelquefois Des personnes mêmes qui sont investies du
Il signifie aussi, Crédit, empire, ascendant. En ce sens, il ne se dit qu'au singulier. "Il a beaucoup de
9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en termes de Jurisprudence, Capacité de faire une chose. "Un furieux, un mineur n'ont pas
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Pou-voar".] Je "puis", (et quelquefois, "je peux") tu "peux", il "peut": nous "pouvons", vous "pouvez", ils "peuvent"; je "pouvois" ou "pouvais;" je "pus", j'"ai pu", je "pourrai", je "pourrois" ou "pourrais"; que je "puisse", je "pusse", "pouvant", "pu". = La conversation et la poésie soufrent je "peux". Académie. = Le participe passif ne se décline jamais: on ne dit point, chôses "qu' "il "a pues", comme on dit, qu'il a faites.
POUVOIR, neutre: avoir la faculté de... Il régit l'infinitif sans préposition. 'Je "puis" le "faire". = V. impers. 'Il "peut se faire", il "peut arriver que", etc. = V. act. Avoir l'autorité, le moyen, la faculté. 'Vous "pouvez tout" sur son esprit. 'Il est dificile, quand on "peut tout" ce qu'on veut, de ne vouloir que ce qu'on doit. Il "peut" bien "des" chôses; mais il ne "peut" pas "celle-là". 'Il "peut beaucoup": je ne "puis rien" en cela.
"Rem." On écrivait autrefois, au prétérit: je "peus", tu "peus", il "peut", nous "peumes", vous "peutes", ils "peurent". On écrit depuis long-tems, je "pus", etc. nous "pûmes", etc. = "Bossuet" dans un de ses ouvrages, done à "pouvoir" le v. "être" pour auxiliaire: qui ne "s'est pu" faire pour, qui "n'a pu" se faire. L'illustre Auteur, en mettant, selon son usage, le pronom "se" devant le verbe régissant, et non pas devant l'infinitif régi, a été induit en erreur; car le pronom "se" traine toujours à sa suite l'auxiliaire "être". M. "Arnaud" a dit aussi: je ne sais comment vous "vous êtes pu" promettre que, "etc." Et "Pluche", comment "s'est-"il "pu" faire, "etc." C'est la même faûte, produite par la même erreur. = "Pouvoir" s'emploie à l'impératif, ou, pour mieux dire, à l'optatif, sans la conjonction "que": "Puissent" les Dieux vous "conserver" à vos enfans. "Télém." '"Puisse" votre exemple "aprendre" aux enfans combien il est dangereux de s'écarter de l'obéissance paternelle et du chemin de la vertu! "Marin", Julie.
On dit, dans le st. fam. "n'en
Un Lion décrépit, goutteux, "n' en pouvant plus",
Voulut que l'on trouvât remède à sa vieillesse.
"La Fontaine".
Mais quand on lit dans "Bossuet": la Foi Chrétienne s' affermissoit et s'étendoit tous les jours; mais l'Empire d'Occident "n' en pouvoit plus": on desirerait que cet illustre Écrivain eût choisi une aûtre expression. = "N'en
- Elle est du style proverbial. "Acad." = On dit, dans le st. familier: Je "ne puis qu'y faire", pour, je "ne sais qu'y faire". 'On va crier au paradoxe":" "je ne puis qu'y faire": qu'on prouve que j'ai tort. "Linguet". = On dit aussi, "je ne puis que je ne fasse", pour, je "ne puis m'empêcher de faire":
"Je ne puis qu'"en cette préface;
"Je ne partage" entre elle et vous,
Un peu de cet encens qu'on recueille au Parnasse.
"La Fontaine".
Un des Auteurs des "Let. Édif." ajoute "pas", contre l'usage, ce me semble. 'On "ne peut pas qu'on ne soit affligé" de voir le mêlange de leurs erreurs avec des vérités catholiques. = Avec l'infinitif, on met "pas" aux deux membres de la phrâse: je "ne puis pas ne pas faire". MALHERBE a retranché le second "pas".
"Ne peuvent pas n'être" surpris.
Il faudrait dit~ "Ménage": "ne peuvent pas n'être pas" surpris. Et moi je dis, qu'à retrancher un "pas", il faudrait que ce fût le premier. Je ne condamnerais pas "Malherbe", s'il avait dit:
"Ne peuvent n'être pas" surpris.
Car avec le verbe "pouvoir", on retranche volontiers la négative "pas", et je "ne puis le faire", est tout aussi bien, et souvent mieux que, je "ne puis pas le faire". = "Je ne puis", joint à des verbes à l'infinitif, qui expriment l'opinion, régit la conjonction "que", la particule "ne" et le subjonctif. 'Je "ne puis croire que" vous "ne l'ayiez" trouvé. 'Il "ne pouvoit s'ôter de l'esprit que" sa femme "ne" lui "fut" infidèle. "Let. Édif." = Dans le style fam. on suprime quelquefois le verbe "pouvoir" dans des ocasions où le sens parait l'exiger. 'Il est bon d'avoir quelqu'un avec qui "se délasser". MARM. On sous-entend, "l' on puisse".
- "Il se peut", régit aussi "que" et le subjonctif":" "il se peut qu'"il le "veuille": mais j' en doute. 'Pourquoi cette délicatesse te paraît-elle si étrange?
- Et comment se "pourroit-il qu'"elle ne me le "parût" pas? "Font." = C'est une négligence d'employer le verbe "pouvoir" avec "peut-être", "possible", "impossible". '"Peut-être", avec le secours de ses amis, "pourra-t-il réussir"? Dites, "réussira-t-il"? 'Il "est impossible qu'"on "puisse" s'imaginer quelle douleur lui causa cette mort. Dites":" "on ne peut s'imaginer", etc. "Wailly". = On "pourrait faire", etc. se dit quelquefois en menaçant. 'Obéissez à l'Empereur, sans quoi "l'on pourrait" vous "faire souffrir" de cruels tourmens. GRIFET, "Ann. Chrét."
- Cette expression n'est pas fort noble, et n'est guère bonne que dans le st. fam.
POUVOIR, s. m. Autorité, crédit, faculté de faire. Il régit "de" devant les noms et les verbes. 'La femme est "au
"Rem." 1°. "Pouvoir" ne se dit au pluriel, que de l'étendûe de la comission ou de l'autorité donée à des Envoyés, à des Médiateurs, à des arbitres. '"Ses
Emplacement dans le dictionnaire :
| poussiéreux poussif poussin poussoir poutrage poûtre poutre | poutrelle pouture poüacre ppcm pradelle pragmatique | pragmatisme praire prairial prairie praline praliner praticable |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)...vieux psautier, infiniment petit entre ses fermoirs d'argent, comme un livre de poupée, et qui avait dû être une merveille typographique à son époque. Il était ainsi en miniature, me disait-on, pour pouvoir se dissimuler sans peine ; à l'époque des persécutions, des ancêtres à nous avaient dû souvent le porter, caché sous leurs vêtements. Il y avait surtout, dans un carton, une liasse de lettres sur...
Citation n°2 de Edmond ROSTAND (Cyrano de Bergerac)
...d'esprit, ô le plus lamentable des êtres, vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot ! Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut pour pouvoir là, devant ces nobles galeries, me servir toutes ces folles plaisanteries, que vous n'en eussiez pas articulé le quart de la moitié du commencement d'une, car je me les sers moi-même, avec assez de...
Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...actes les plus blâmables sont si souvent absous par le succès que la limite entre ce qui est permis et ce qui est prohibé, ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, n'a plus rien de fixe, mais paraît pouvoir être déplacée presque arbitrairement par les individus. Une morale aussi imprécise et aussi inconsistante ne saurait constituer une discipline. Il en résulte que toute cette sphère de la vie...
Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...mesure où autrui est empêché de mettre à profit la supériorité physique, économique ou autre dont il dispose pour asservir ma liberté, et seule, la règle sociale peut mettre obstacle à ces abus de pouvoir. On sait maintenant quelle réglementation compliquée est nécessaire pour assurer aux individus l'indépendance économique sans laquelle leur liberté n'est que nominale. Mais ce qui fait, aujourd'hui...
Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...L'activité d'une profession ne peut être réglementée efficacement que par un groupe assez proche de cette profession même pour en bien connaître le fonctionnement, pour en sentir tous les besoins et pouvoir suivre toutes leurs variations. Le seul qui réponde à ces conditions est celui que formeraient tous les agents d'une même industrie réunis et organisés en un même corps. C'est ce qu'on appelle la...
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